6 octobre 2009 – 3 janvier 2010

Notre mise en scène est tout entière esclave de la peinture qui a la prétention de nous donner l’illusion de la réalité
Adolphe Appia (1862–1928)
David, Delacroix, Hayez, Degas, Gustave Moreau, Toulouse-Lautrec, Vuillard ...
Des peintres certes différents, mais qui partagent le goût des arts de la scène. Quel rôle le théâtre et l’opéra ont-ils joué dans la production artistique de ces grands maîtres et dans l’évolution du cadrage de leurs peintures ? Dans quelle mesure leur art a-t-il influencé les devenirs de la production artistique ?
Près de deux cents œuvres sont réunies au musée Cantini, peintures, dessins et maquettes de décors issus d’institutions et de collections prestigieuses du monde entier : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Suisse… mais aussi de France avec des chefs-d’œuvre de Daumier, Degas, Toulouse-Lautrec ou Cabanel exceptionnellement prêtés par le Musée d’Orsay, et un très bel ensemble de tableaux de Gustave Moreau, artiste passionné par l’espace scénique, proposé par le musée du même nom.
Il s’agit de mettre en évidence la portée directe du théâtre ou celle, plus subtile, de la théâtralité, sur la peinture et de les replacer dans une perspective historique. Du néoclassicisme de David ou de Guérin jusqu’à l’abstraction du jeu scénique d’Appia (Tristan et Iseult, acte II, Collection suisse du théâtre, Berne) ou de Gordon Craig, les grands mouvements de l’histoire de l’art ont influencé le théâtre et l’ont ouvert, au XXe siècle, avec l’indéniable contribution des mouvements symboliste et nabis de Gustave Moreau, Maurice Denis (La Belle au bois d’automne, collection particulière), Vuillard (Le Dîner, MET) ou Bonnard.
Les réformes successives de l’art théâtral, depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe, ont également joué un rôle sur les évolutions de la peinture. A partir de la période néoclassique, des peintres tels que David, Delacroix, Hayez, Degas et Vuillard vont manifester leur goût pour les arts de la scène : auparavant, aucun artiste de renom n’aurait consenti à faire le travail d’un décorateur de théâtre. Après David (La Douleur d’Andromaque, ENSBA), Delaroche (Les Enfants d’Edouard, musée du Louvre), Delacroix (Lady Macbeth somnambule, Beaverbrook Art Gallery Fredereicton, Canada) ou Moreau (Hamlet, musée Gustave Moreau) dessinent des costumes et collaborent avec des personnalités du théâtre, tout en continuant leur carrière, exposant dans leur peinture les tensions propres à l’univers de la scénographie, aussi bien en matière de dramaturgie de l’image, que de perspective et d’implantation des décors : une évolution importante qui annonce la modernité.
L’exposition met l’accent sur les ambiguïtés de la peinture d’histoire à l’époque de David et de Füssli, avec un glissement vers un sentimentalisme historique plus prégnant à l’époque du Romantisme, en passant par l’abolition du point de vue central et frontal qu’on remarque fortement chez Daumier (Une Loge au théâtre, Hamburger Kunsthalle) et Degas (L’Orchestre de l’Opéra, musée d’Orsay). Ce dernier abandonne la manière classique de peindre et fait entrer l’orchestre et les spectateurs dans ses cadrages, alors qu’il réduit le spectacle sur scène à un simple prétexte décoratif. Avec lui, le cadre du tableau ignore définitivement le cadre de la scène et l’œil peut circuler librement dans un espace sans hiérarchie.
C’est aussi une autre histoire de la marche vers la dématérialisation de l’image, caractéristique propre de la modernité, qui est présentée à Marseille, à travers un ensemble exceptionnel d’œuvres des plus grands maîtres de la fin du XVIIIe jusqu’au début du XXe siècle.
Commissariat
- Commissariat Général : Guy Cogeval, conservateur général du patrimoine, président de l’Etablissement public du musée d’Orsay
- Commissaires : Gabriella Belli, directeur du MART, Rovereto ; Katharine Lochnan, conservateur à l’AGO, Toronto ; Marie-Paule Vial, conservateur en chef du patrimoine, directeur des musées de Marseille ; avec la collaboration de Béatrice Avanzi, Dominique Laconte et Véronique Serrano
- Comité scientifique : Sébastien Allard, Alberto Arbasino, Mathias Auclair, Ann Dumas, James Fowler, Paul Lang, Carlo Sisi
Adresse
Musée Cantini
19 rue Grignan
13006 Marseille
Tel Allô mairie : + 33 (0)810 813 813
www.marseille.fr
Horaires et ouverture
Tous les jours sauf le lundi de 10 h 00 à 19 h 00
Ouvert le lundi pour les scolaires et les groupes de 10 h 00 à 17 h 00
Fermé les 1er novembre, 25 décembre et 1er janvier
Tarifs
Plein tarif : 8 €
Tarif réduit : 6 €
Réservations
Les amateurs noteront que les réservations ont démarré depuis le 17 août via ALLO MAIRIE (+ 33 (0)810 813 813).
Réserver en ligne :
- Digitick
- Fnac
- Ticketnet
Billetterie en nombre (professionnels)
MUSÉE & CIE
Tel : + 33 (0)1.40.13.49.13
Publication
Editions Skira, environ 350 pages. Prix : 39 €
Contacts Presse
Paris, Partenaires/Rmn :
Sylvie Poujade, Marie Senk
Tel : +33 (0)1 40 13 62 38
Ville de Marseille
- Corinne Ferraro
Tel : +33 (0)4 91 14 65 23
- Sylvie Benarous
Tel : +33 (0)4 91 14 65 97
Cette exposition est coproduite par la Réunion des musées nationaux et la Direction des Musées de Marseille, avec la participation exceptionnelle du musée d’Orsay.
Elle est organisée en collaboration avec le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Trento & Rovereto et l’Art Gallery of Ontario à Toronto, qui la présenteront ultérieurement.