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Confucius

A l’aube de l’humanisme chinois

Musée des Arts asiatiques–Guimet

29 octobre 2003 – 15 mars 2004

L’exposition est organisée, dans le cadre des Années croisées France-Chine, par la Réunion des musées nationaux et le musée national des Arts asiatiques-Guimet, avec le concours exceptionnel du bureau d’Etat du Patrimoine, République populaire de Chine, et le soutien du Crédit Agricole Indosuez et de la Fondation électricité de France. L’exposition bénéficie également du soutien de Li Ka Shing Foundation.

L’exposition sera également présentée à Barcelone du 25 mai au 29 août 2004.

En partenariat média, à Paris, avec le groupe Bayard, La Croix, Le Monde de la Bible et RFI.

Né en 551 avant notre ère à Qufu, dans l’ancienne principauté de Lu, située entre le fleuve Jaune et le mont Tai, l’actuelle province du Shandong où réside toujours sa descendance, Confucius meurt en 479, quelques années seulement avant la naissance de Socrate. Universellement connu pour être l’une des figures les plus importantes de la culture chinoise, Confucius demeure néanmoins énigmatique aux yeux du public occidental.

Bronzes rituels, stèles, céramiques, sculptures, peintures... : grâce aux prêts exceptionnels des musées du Shandong et au regard contemporain du peintre-calligraphe Ye Xin, l’exposition propose, en ce début des Années croisées France-Chine, une évocation de l’homme et de sa pensée, aux fondements d’une certaine façon d’être chinois.

La vie de Confucius se situe à la fin de la période dite des Printemps et Automnes, une époque où la Grande Muraille n’existe pas encore, où le pouvoir centralisé des Zhou entre en déclin, laissant place aux conflits entre petits Etats rivaux. Contre le désordre ambiant, le maître se tourne vers la tradition qu’il réactualise en insistant sur la valeur des modèles civiques et moraux qu’elle propose. Il valorise l’étude qui, bien conduite, ouvre la voie à la vertu, celle-ci l’emportant finalement sur la naissance.

L’exposition illustre d’abord le culte des ancêtres et la piété filiale, son corollaire, par une impressionnante série de bronzes rituels ; celui de l’harmonie et des bienséances dans la vie quotidienne par un ensemble de bas-reliefs narratifs. De précieux fragments de pierre, vestiges du premier corpus des écrits confucéens, réunis sous les Han à la fin du IIe siècle de notre ère, attestent une ré-appropriation de la pensée du maître par le gouvernement et ses fonctionnaires lettrés. Phénomène récurent qui, tout au long de l’histoire chinoise, au gré des dynasties va trouver diverses adaptations.

A la base du recrutement des agents de l’Empire s’impose donc l’étude, valeur confucéenne. Les Six Arts en sont une évocation idéale - matérialisés dans l’exposition par des objets antiques. Rites et musique, conduite du char et tir à l’arc, calligraphie et science des nombres, sont les disciplines que tout homme bien né se doit de maîtriser s’il espère un jour se bien gouverner et plus encore s’il espère gouverner les autres. L’exposition présente une galerie d’effigies funéraires de fonctionnaires lettrés des époques Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911) à côté des costumes, des accessoires et des insignes particuliers qui les caractérisent. Dans ces portraits, c’est la pérennité dans l’histoire que ces personnages recherchaient.

En marge de la doctrine officielle et de ses remaniements successifs s’est élaborée une légende qui évolue en culte voué au Sage parfait. Les temples de Confucius se multiplient dans les provinces, et les images pieuses abondent. A Qufu, en 1771, pour marquer sa reconnaissance, l’empereur Qianlong offre au temple de Confucius dix bronzes (présentés dans l’exposition) de ses collections personnelles. Associant formalisme impérial et piété populaire, l’atmosphère particulière des sites sacrés de Qufu est rendue dans l’exposition par les très beaux clichés pris au tout début du XXe siècle par les grands sinologues français Chavannes, Pelliot et Segalen, et par la projection d’un extrait d’un film réalisé en 1990 par la télévision allemande.

Enfin l’exposition évoque le retentissement qu’eut en Europe la révélation d’une Chine hautement civilisée et de surcroît confucéenne, notamment pour des philosophes aussi différents que Leibniz et Voltaire.

Portrait de Confucius
Estampage à l’encre rouge relevé sur papier en 1691 par Chen Fangyou, d’après une peinture attribuée à Wu Daozi (685-758)
© Paris, Bibliothèque nationale de France, Cabinet des Estampes