Très vite les nouveautés italiennes se diffusent dans le reste de l’Europe. Les artistes européens intègrent ces innovations et les adaptent aux particularités de leur région. Chaque foyer artistique développe sa propre originalité, sa propre renaissance.
La Renaissance en France
En France, les rois sont de grands mécènes. François Ier (1494-1547), le grand roi de la Renaissance, fait venir à sa cour, à Fontainebleau, des architectes, des sculpteurs, des peintres et des jardiniers. Primatice et Rosso Fiorentino, grands maîtres italiens, décorent le château. Rosso aménage la Galerie du château. Il y place des peintures à sujets mythologiques entourées de sculptures de stucs (enduit à base de chaux, moins lourd et moins cher que le marbre). On désigne sous l’expression « école de Fontainebleau » ce courant de la Renaissance française.

Rosso Fiorentino (1494-1541)
Galerie François Ier : Vénus frustrée, XVIe siècle
Fresque murale
Château de Fontainebleau
© RMN/Peter Willi
François Ier devient également le mécène du célèbre peintre Léonard de Vinci (1452-1519). Il l’accueille dans sa demeure du Clos Lucé, près de son château. L’artiste y travaille jusqu’à la fin de ses jours. Il laisse ainsi la Joconde en héritage à la France.
Bernard Palissy est un potier. Son œuvre marque fortement la Renaissance en France. Il crée des céramiques émaillées très colorées. Il s’inspire de la nature et intègre à ses plats des végétaux et des animaux. Une anecdote raconte qu’il brûla tous ses meubles pour augmenter la chaleur de son four !

Bernard Palissy (vers 1510-1589)
Plat : serpent et grenouille, XVIe siècle
Faïence
Paris, musée Gustave Moreau
© RMN/Gérard Blot
Thématique liée à cette époque : France 1500 entre Moyen Âge et Renaissance
La Renaissance en Flandres
Les flamands inventent la peinture à l’huile et la toile comme nouveau support transportable : c’est de début de la peinture sur chevalet qui se répand dans tout l’Europe. Ils se différencient de l’art italien. Les flamands aiment les scènes intimes, en intérieur. Les peintres s’appliquent à peindre le moindre détail. Jean Van Eyck (vers 1390-1441), artiste très célèbre de l’époque intègre les nouveautés italiennes comme la perspective mais reste dans la tradition minutieuse de la Flandre.

Jan Van Eyck (vers 1390-1441)
Giovanni Arnolfini et sa femme, 1434
Huile sur bois. H. : 81,8 cm ; L. : 59,7 cm.
Londres, National Gallery
© The National Gallery, Londres, Dist. RMN / National Gallery
Photographic Department
La Renaissance en Allemagne
Albercht Dürer (1471-1528) est l’artiste allemand le plus connu de la Renaissance allemande. Il est peintre mais aussi graveur. Il part en voyage en Italie pour étudier les œuvres de l’Antiquité et celles de la Renaissance. De retour à Nuremberg, en Allemagne, il diffuse les nouveautés italiennes : l’humanisme, la perspective, l’étude de l’anatomie...
Adam et Ève témoigne d’une étude poussée de l’anatomie et d’une passion pour la botanique. Dans Melancolia, il présente l’allégorie de l’artiste tourmenté de l’époque, en perpétuel questionnement sur le monde, l’homme humaniste.

Albrecht Dürer (1471-1528)
Adam et Ève, 1504 ; Melancolia I, 1514
Estampe
États-Unis, New-York, The Metropolitan Museum of Art
© The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN / image of the MMA
Le peintre Hans Holbein (1497-1543) se consacre à la représentation de la figure humaine. Il fait le portrait des personnages de la cour, des nobles et des marchands. Les portraits sont fidèles et sont un témoignage social de l’époque. Regarde bien le premier plan du tableau Les Ambassadeurs, une image y est déformée. En penchant la tête, tu peux deviner un crâne humain. Il s’agit d’une vanité.

Hans Holbein le Jeune (1497-1543)
Les Ambassadeurs, 1533
Huile sur bois. H. : 2,07 ; l. : 2,1 m
Royaume-Uni, Londres, National Gallery
© The National Gallery, Londres, Dist. RMN / National Gallery Photographic Department
Autre artiste allemand : Lucas Cranach (vers 1472-1553) à découvrir ici par le jeu.
La Renaissance aux Pays-Bas
Pour les Pays-Bas, il faut parler d’un artiste à part, Jérôme Bosch (vers 1450-1516). Il refuse les modernités italiennes. Il ne veut pas représenter la réalité comme tous ses contemporains mais évoquer un monde imaginaire peuplé de monstres et de chimères. Il se passe beaucoup de choses dans ses tableaux. Il montre aux hommes les vices, les péchés de façon amusante.

Bosch Jérôme (vers 1450-1516)
Triptyque : Jardin des Délices, vers 1510
Huile sur bois. H. : 2,2 ; l. : 1,9 m
Espagne, Madrid, musée du Prado
© BPK, Berlin, Dist. RMN / Lutz Braun

Jardin des Délices, détail
© BPK, Berlin, Dist. RMN / Lutz Braun







