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Parlez-moi d’Alger

Marseille-Alger au miroir des mémoires

 

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux et le musée national des Arts et Traditions populaires, en préfiguration du musée national des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, dans le cadre de “Djazaïr, une année de l’Algérie en France”.

L’exposition bénéficie du soutien de la Ville de Marseille, de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, du Conseil général des Bouches-du-Rhône, de la Direction régionale des Affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’Euroméditerranée, de la Fondation EDF et de la Caisse nationale d’Epargne et du concours du Port autonome de Marseille.

Cette exposition retrace l’histoire de sept siècles de relations entre la rive sud et la rive nord de la Méditerranée en prenant comme fil conducteur les similitudes et les dissemblances entre deux villes-phares, deux villes-soeurs : Marseille et Alger.

Si les relations religieuses, politiques et commerciales (croisades, esclavage, colonisation, migrations forcées, guerre d’indépendance, exils…) mettent en évidence des dissemblances entre les deux cités, les témoignages concrets de la vie des gens font apparaître entre elles de grandes similitudes. Ils disent tous, du nord au sud, du sud au nord, le même goût pour la lumière, les parfums, les saveurs, les musiques et les paroles… Ils disent l’amour de la Méditerranée-mère, celle que l’on retrouve au cœur des œuvres d’Albert Camus, Gabriel Audisio, Jean Amrouche…

Sur la base d’une enquête menée auprès des « Algérois » de Marseille et des « Marseillais » d’Alger, l’exposition se propose de rendre sensibles les éléments de la mémoire : elle met en scène des objets témoins de l’histoire et de l’imaginaire passé et présent de « là-bas », qu’il s’agisse d’Alger ou de Marseille.

Parmi ces objets-mémoires, on trouve par exemple les clés remises en 1830 au général de Bourmont lors de la prise de la casbah d’Alger, des accessoires du hammam ou encore un ex-voto de rachat d’esclaves, qui voisinent avec des objets domestiques reflétant le luxe de certaines grandes demeures algéroises au XVIIIe siècle, une tuile-bouteille d’argile imaginée par l’architecte Fernand Pouillon pour les cités de transit, une boîte de fromage El Malik et une bouteille de « gazouz ».

Cette exposition-spectacle construit par touches successives une image multiple des hommes et femmes, davantage que des lieux, par le biais de l’utilisation de l’image et du son : compositions musicales d’Armand Amar mais aussi récits de vie imaginés par cinq écrivains ; Aziz Chouaki, Hélène Cixous, Nourredine Saadi, Leïla Sebbar et Alain Vircondelet. Tout au long du parcours on retrouve des photographies d’Alger faites par Djamel Farès et des vues de Marseille prises par Yves Jeanmougin.

Un document audiovisuel original, composé d’images d’archives, notamment de l’INA mais aussi des premiers films Lumière, est présenté à l’occasion de l’exposition : Marseille-Alger, une traversée en images, pour découvrir la complexité des relations à travers la période coloniale, la guerre, l’indépendance et l’exil et appréhender les relations actuelles entre ces deux villes, rythmées à la fois par des retrouvailles et des déchirements.

Un documentaire sur les musées d’Alger permettra également de découvrir la richesse du patrimoine Algérois.

Fort Saint-Jean, Tour du Roy René