Cette exposition est organisée par le musée national du château de Pau, le musée de Cluny-musée national du Moyen Age, la Bibliothèque nationale de France et la Rmn-Grand Palais
A la découverte du Prince Soleil
Cette exposition est le deuxième volet d’un projet entrepris en collaboration avec le musée de Cluny et la Bibliothèque nationale de France pour évoquer une importante figure médiévale : Gaston III, né en 1331, comte de Foix et seigneur de Béarn en 1343, mort en août 1391. Un riche ensemble de manuscrits, objets d’art, sculptures, tissus et documents d’archives reflète le luxe et le raffinement de cette cour princière de réputation européenne, aux marges du royaume des premiers Valois.
Sous les manières courtoises de Gaston, autoproclamé Fébus (le dieu du Soleil en graphie occitane), habile connaisseur en fait d’armes, d’amours et de chasse (« armas, amors e cassa », selon son fidèle troubadour, Peyre de Rius) se profile un visage plus obscur. Son contemporain Jean Froissart le juge « moult ymaginatif ». Très émancipé des tutelles temporelles et spirituelles de son temps, il agit d’une main de fer et se révèle capable de tragiques débordements.
L’exposition met en lumière cette personnalité singulière, en insistant tout particulièrement sur le succès de son Livre de la chasse, dont la rédaction fut entreprise le 1er mai 1387, et sur les belles éditions manuscrites illustrées qui l’ont rendu célèbre.
Gaston Fébus dans l’histoire
Le visiteur aborde le cas historique et légendaire du comte Soleil grâce à quelques objets symboliques évoquant les données biographiques et les faits marquants de ce principat. Protégeant jalousement sa neutralité dans la grande confrontation qui oppose la Maison de France aux rois d’Angleterre, au cœur de la guerre de Cent Ans, Gaston réalise un véritable plan de construction et de rénovation de ses châteaux-forteresses situés le long du piémont pyrénéen. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il lance, de 1371 à 1379, un vaste programme de travaux pour son château de Pau.
La cour et les livres de Gaston Fébus
Le mythe initié dès les premiers pas politiques du comte Fébus est relayé par ses poètes et ses historiens. Au premier rang d’entre eux, Jean Froissart le raconte dans ses Chroniques (manuscrit sur parchemin, bibliothèque de Besançon). Les manuscrits survivant de l’importante bibliothèque de Gaston Fébus nous plongent dans le climat intellectuel de sa cour. Connaisseur averti, il est lui-même l’auteur du fameux Livre de la chasse souvent copié et enluminé à la fin du XIVe siècle et au début du XVe, puis imprimé.
Plusieurs exemplaires particulièrement précieux seront exposés, notamment l’un des plus anciens de ce texte, le manuscrit français 619 de la Bibliothèque nationale de France, selon toute probabilité celui de l’auteur lui-même. La présentation permettra aussi d’admirer de beaux manuscrits dans le domaine du bestiaire médiéval et des traités cynégétiques (Livres du roi Modus et de la Reine Ratio d’Henri de Ferrières).
La mort de Fébus et son héritage intellectuel
C’est précisément au retour d’une chasse que meurt Gaston, de façon inopinée, le 1er août 1391, avant de se mettre à table... L’épisode rapporté par Froissart est illustré par les hanaps, cuillers et gobelets du Trésor de l’Ariège (milieu du XIVe siècle, musée du Louvre) disposés sur la table dressée, parallèlement à la tapisserie du Repas de chasse de la tenture des tapisseries des Chasses de Maximilien (cartons du 2e quart du XVIe siècle). Cette importante tenture envoyée au château de Pau constitue le décor de la salle aux Cent Couverts, où l’exposition est présentée. Elles témoignent du succès du livre de Gaston Fébus et de son iconographie. La source privilégiée qu’il représente encore pour la connaissance des animaux dans l’Histoire naturelle de Buffon, en est également la preuve.
La mémoire et le doute
La mémoire de ce personnage brillant, type de prince accompli au temps du Grand Schisme et de la guerre de Cent Ans, continue d’intriguer. Soupçons et controverses suscitent, chez les contemporains comme chez les historiens, autant d’inquiétude que d’admiration. Un objet, ouvrant l’exposition, semble réunir ces éclats et ces doutes : le coffret à décor de motifs de chasse provenant du trésor de Saint-Bertrand-de-Comminges, dont les thèmes courtois s’accordent parfaitement avec l’élégance subtile et le charme chevaleresque en honneur à la cour de Fébus.
Commissaires :
Paul Mironneau, conservateur général du patrimoine et directeur du musée national du château de Pau
Sophie Lagabrielle, conservateur en chef au musée de Cluny – musée national du Moyen Age
Marie-Hélène Tesnière, conservateur général du patrimoine au département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale de France
Partenaires média
L’exposition est réalisée grâce au soutien de la Macif

L’Atelier du peintre Décors, le Comptoir Electrique Français, Gunnebo et Havells Sylvania ont mis leurs matériels et savoir-faire au service de la réalisation de l’exposition.
Ouverture
Jusqu’au 14 juin, ouvert tous les jours de 9h30 à 11h45 puis de 14h15 à 17h15 (dernière admission à 17h)
Fermé le 1er mai
Tarifs
Plein tarif : 8 €
Tarif réduit : 6,50 €
billet incluant les collections permanentes
Gratuit pour les moins de 26 ans (ressortissants de l’UE ou en long séjour dans l’UE) et à tous les publics le premier dimanche de chaque mois.
Accès
Stationnement recommandé place de Verdun (5-10 mn à pied du château château ou « navette « Coxitis », arrêt « Château de Pau »)
Bus, arrêt « place de la monnaie »
TGV Paris – Bordeaux – Pau
Avion : plusieurs rotations avec Paris, Lyon, Marseille et Londres
Publication
catalogue de l’exposition, 24 x 29 cm, 176 pages, 150 illustrations couleurs, 34€, éditions de la Rmn-Grand Palais, Paris 2011, en vente dans toutes les librairies
Site internet
www.musee-chateau-pau.fr/