19 novembre 2009 – 14 février 2010
Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux et le musée Magnin.
L’exposition propose de traverser trois siècles de l’histoire intime d’une grande maison de ville, en suivant le rythme de la journée d’une famille de la haute société. Elle permet de retrouver les anciens usages du quotidien et d’en observer l’évolution, de la fin du XVIIe à la fin du XIXe siècle.
Invariablement, du lever au coucher, Madame, Monsieur et leurs enfants se livrent presque toutes les deux heures à une activité. Les modalités de se laver, se parer, converser, prier, lire ou recevoir n’ont cessé de changer jusqu’à aujourd’hui et sont évoquées en près de deux cents pièces. Aux côtés d’œuvres d’art classiques, des témoignages aux nom et fonction aujourd’hui insolites ponctuent la visite, tels une voyelle à jouer, une table à trictrac, des œillères, un bonheur-du-jour, des carnets à tablettes, un bureau à dos d’âne, un cabaret égoïste, des boules à perruque, une cave à odeur ou des lunettes de libertin. Meubles estampillés Jacob, Migeon ou Dusautoy, peintures de Toqué, Lawreince ou Aved, gravures de Bosse, Moreau le Jeune ou Saint-Aubin et objets d’art précieux laissent entrevoir à quel degré de raffinement pouvaient être élevés les simples faits et gestes du quotidien.
La thématique de l’exposition est née de l’histoire même du musée Magnin, ancien hôtel particulier où trois siècles de vie privée se sont succédés. Les quatorze salles de l’étage du musée restituent l’espace initialement dévolu à ces anciens instants de l’intimité et redonnent pour l’occasion la dimension de demeure habitée qui fut, du XVIIe au XIXe siècle, celle de l’hôtel Lantin, aujourd’hui écrin de la collection Magnin. Les Heures du jour sont introduites par une sélection de gravures tirées de deux des plus célèbres suites d’estampes du XVIIIe siècle. Ces œuvres furent exécutées d’après les dessins de Moreau le Jeune et figuraient initialement dans deux recueils distincts publiés respectivement en 1777 et 1783 chez Prault. C’est l’une des plus importantes productions de la gravure de mœurs du XVIIIe siècle. Au-delà des historiettes charmantes qu’elles racontent, ces estampes sont de précieux documents sur la vie quotidienne d’une riche demeure au siècle des Lumières. C’est chacun de ces instants que l’exposition se propose de redécouvrir ; poussant aussi l’étude sur des thèmes non abordés par Moreau.
Le lever, le « déjeuner », la prière, la toilette, l’étude, le « dîner », l’éducation de l’enfant, tenir salon, la lecture, l’écriture, la broderie, être en famille, le « souper », la réception, la conversation, le jeu et le coucher, sont généralement les composants d’une journée bien tenue. Entrer dans ce microcosme c’est observer finalement comment l’homme du passé entretenait ses rapports au monde, aux autres, aux enfants, à lui-même et à Dieu. Ainsi, le déplacement incessant des heures des repas, de Louis XIV à la fin du XIXe siècle, témoigne-t-il de la volonté de se distinguer du vulgum pecus et du devoir de répondre aux exigences de la vie mondaine. L’augmentation du temps consacré à l’étude, à la lecture et à l’écriture est signe de l’évolution spectaculaire de la qualité de l’éducation. La nécessité de tenir une réception, un jour ou un salon, répond aux règles de la civilité, de l’appartenance sociale et du goût de la conversation. L’intensité de la dévotion privée permet de mesurer la force du rapport intime à Dieu au quotidien. L’habitude du bain au XVIIIe siècle et l’abandon progressif de la propreté « sèche » éclairent la dimension nouvelle de l’hygiène et de la façon de percevoir son corps. Le temps accordé par les parents à leur progéniture, qui évolue considérablement de la fin de l’Ancien Régime au XIXe siècle, recouvre le changement de position de l’enfant et de la femme dans la maison.
Commissaire
Vincent Termeulen, historien de l’art spécialisé sur les questions sociologiques de la période moderne et chargé de cours à l’Université de Bourgogne
Cette exposition est réalisée grâce au mécénat du Cabinet Cléon, Martin, Broichot & Associés et de la Lyonnaise de Banque – Réseau Bourgogne.

Les partenaires médias de l’exposition :
Adresse
Musée Magnin
4, rue des Bons-Enfants
21000 Dijon
Tél. : +33(0)3 80 67 11 10
Accès
En train : Dijon-ville
Bus : lignes 1, 2, 3, 5, 6, 10, 11, 13 et 14
Ouverture et horaires
tous les jours (sauf le lundi, 25 décembre et 1er janvier) de 10 h 00 à 12 h 00 et de 14 h 00 à 18 h 00
Prix d’entrée
Plein tarif : 5,50 €
Tarif réduit : 4,50 € (familles nombreuses)
Gratuit pour les moins de 26 ans, les enseignants et les étudiants en art et le premier dimanche du mois pour tous
Tarif groupe : 7 € par visiteur en groupe à compter de 10 visiteurs non exonérés du droit d’entrée (sur réservation)
Le même billet donne accès aux collections permanentes.
Activités autour de l’exposition
- visites guidées
- journée d’étude : 19 janvier 2010, sur le thème de l’intimité domestique, en collaboration avec l’université de Bourgogne
- concert : Musique au salon sous la Révolution et l’Empire, 23 janvier à 19h00 et 24 janvier à 17h00, 12 €, tarif réduit 8 €
- projections : Les liaisons dangereuses, de Stephen Frears, au
cinéma L’Eldorado
Publication Rmn
Catalogue de l’exposition : 128 pages, 90 illustrations, 30 € environ.